Lettre à Papy François
Coucou mon papy,
J’ai commencé cette lettre lorsque tu étais en vie. Je l’ai poursuivi lorsque tu es parti et j’ai réussi à la finir à la date de ton anniversaire, même si tu n’étais plus là pour la lire.
Depuis que je suis petite, j’ai toujours eu cette sensation que tu étais à mes côtés et que tu veillais sur moi et sur la famille. Pourtant, on ne se voyait pas tant que ça. Il y avait une distance géographique et l’on ne se voyait que très peu de fois dans l’année. Cependant, ce n’est pas parce que je ne te voyais pas que je ne te ressentais pas. Je savais que tu étais là pour moi et que tu étais là pour nous tous. Je savais que tu pensais à chacun de tes enfants, de tes petits-enfants et ton arrière-petit-enfant. Il y a aussi mamie. Je savais que malgré vos difficultés, tu avais toujours fait en sorte de la mettre à l’abri et d’être présent pour elle.
J’aurais aimé te rencontrer lorsque tu étais plus jeune. J’aurais aussi aimé pouvoir passer plus de temps avec toi lorsque tu pouvais encore te déplacer comme bon te semble. Pendant 9 ans, tu as vécu avec la maladie de Charcot. C’est une maladie très douloureuse et en général, les personnes affectées ne vivent pas plus de 4 ans. Leurs conditions de fin de vie sont souvent très difficiles. Toi, tu as tenu pendant 9 ans. Ce n’était pas évident, mais on pouvait encore être en lien et partager des moments. Tu tenais à la vie, tu t’y accrochais et je pense que c’est ton amour pour la famille qui te donnait la force de tenir.
Ce qui me marque, c’est que tu étais un homme fort. Alors oui, un homme fort avec la définition de ta génération, c’est-à-dire un homme qui a dû pourvoir aux besoins financiers, matériels et alimentaires de sa famille. Tu étais l’homme de la maison, c’est toi qui allais travailler chaque jour pour nourrir tout ce beau monde.
Il était difficile de connaître ta vie, car tu gardais beaucoup de choses en toi. Je sais que tu as eu une enfance compliquée et que tu as dû te débrouiller par toi-même. Tu es parti jeune de chez toi, à 17 ans pour aller travailler et subvenir à tes besoins. Quoi qu’il en soit, tu as toujours fait ce qu’il fallait pour avancer.
D’ailleurs, avec ta maladie, tu t’es rarement plaint. Ce n’est que la dernière année, avant que tu nous quittes que je commençais seulement à t’entendre dire que tu avais mal. Cela ne signifiait pas que tu ne souffrais pas avant, c’est juste que tu avais atteint un stade de souffrance tellement élevé et que malgré toute la bonne volonté, il était difficile pour toi de lutter.
Nous avons du mal à exprimer nos ressentis dans cette famille. Je ne te l’ai jamais dit, mais je t’ai toujours admiré. C’est la raison pour laquelle je profite de mes écrits pour te parler de choses que je n’aurai jamais pu te dire en personne.
Quand je disais que tu étais un homme fort, j’entendais par là que tu avais une grande force mentale. Je pense d’ailleurs que c’est de cette force là que papa tient et de laquelle je tiens aussi. Tu étais un homme honnête, droit et je trouve que tu avais une vision assez globale des situations et du monde. Tu avais beaucoup de connaissances et une grande mémoire. Ce sont des qualités que j’appréciais beaucoup. Je ne m’en rendais pas compte avant, mais je comprends aujourd’hui qu’à chaque fois que l’on échangeait, tu m’apportais beaucoup de connaissances. Tu étais clair et pouvais m’expliquer les choses en détail. Tu me partageais aussi ta vie, tes expériences et je t’en remercie.
D’ailleurs, tu m’avais parlé de voyages et de destination que tu aurais aimé découvrir. Aujourd’hui, c’est moi qui voyage et j’ai une pensée pour toi à chaque fois que j’arrive dans un nouvel endroit. J’ai le souvenir d’une destination dont tu m’avais fait part, c’est le fameux Palais Idéal du Facteur Cheval. J’ai prévu d’y aller cette année et lorsque j’irai, je penserai à toi.
Tu m’as partagé à quel point il est précieux de voyager et de découvrir le monde, mais aussi qu’il est important de vivre et de profiter de chaque instant.
Je me souviens de notre dernière balade avant que tu ne sois en fauteuil électrique. Tu m’avais emmené autour d’un lac. J’étais jeune, il ne m’en reste que quelques images. Le fauteuil ne nous a pas arrêtés pour autant, nos balades ont continué. Tu aimais rouler à fond avec ton fauteuil, pendant que moi je m’accrochais derrière avec mon skate, ce qui amusait fortement les passants.
Je t’ai toujours admiré. Lorsque je te voyais, tu me partageais ta bonne humeur. J’ai adoré, nos heures passées devant la tablette à jouer à « 4 images 1 mot », mais aussi les parties de scrabble et de tarot. Tu as toujours été rempli d’humour et tu aimais faire des bêtises. Je regrette que l’on n’ait pas écrit toutes tes blagues, car à toi seul on pouvait en faire un recueil.
Lors de tes derniers jours sur Terre, alors que tu étais sur ton lit d’hôpital, j’étais heureuse de voir que tu étais aimé et si bien entouré par la famille, ainsi que par tes amis.
Nous n’avons pas toujours besoin des mots pour transmettre à l’autre ce que l’on ressent, mais je suis reconnaissante d’avoir eu la force de te dire que je t’aimais fort avant que tu ne t’en ailles.
Merci pour ton amour, tes partages, tes blagues, ton intelligence et merci de m’avoir toujours si bien accueilli.
Je t’aime mon papy et qu’importe où tu es maintenant, pour moi, tu es là près de moi.
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